Les stratégies de bouc émissaire

Ceux qui accusent des groupes en bloc de tous les problèmes ont souvent une intention cachée.

Le phénomène du bouc émissaire est vieux comme l’humanité, et profondément ancré dans nos modes de pensée. Trouver un coupable unique à nos difficultés satisfait la colère face aux malheurs de la vie, et donne du sens à ce qui nous arrive : ce n’est pas le monde qui est absurde ou cruel, mais tel ou tel groupe de gens qui nous veut du mal. Une explication hélas beaucoup plus facile à accepter.

Les opérateurs politiques ont appris depuis bien longtemps à utiliser ce phénomène à leur profit :

  • L'exemple archétype est bien sûr l'antisémitisme du 3e Reich, qui désignait un ennemi à haïr et persécuter, que l'on pouvait tenir pour responsable de ses problèmes. Ce slogan du parti Nazi autrichien en 1932 l’illustre parfaitement : « 500 000 chômeurs, 400 000 juifs ; la solution est simple »...
  • Il ne suffisait pas d'un seul ennemi : les tsiganes, les homosexuels, les communistes, etc., tous étaient coupables. Cela permettait à chacun d’adopter un bouc émissaire adapté à ses préférences ou ses mauvaises expériences.
  • Le schéma se retrouve chez beaucoup de régimes autoritaires : le « satan américain » en Iran, les communistes pour les dictatures sud-américaines, etc.

Quand un parti pointe une minorité du doigt, immigrants, wokes, transsexuels ou autres, c’est le moment de demander s’il n’y a pas anguille sous roche, et de dénoncer les manœuvres de diversion et les stratégies de division pour régner.