Wokes

Ce n’est pas un crime de trouver certains mouvements de gauche trop virulents.

Mais des acteurs politiques amplifient ces excès pour discréditer les mouvements de défense des minorités, agitant une menace contre laquelle ils seraient le seul recours (le fameux « virus woke »), pour détourner l’attention de leurs propres débordements.

Parmi les grands promoteurs de la « menace woke » on trouve Donald Trump, Marine Le Pen, Xi Jinping et Vladimir Poutine. Ce n’est pas un hasard ; aucun d’entre eux ne montre beaucoup de respect pour la démocratie.

Le terme « woke » est un concept venu des USA, à l’origine il désignait le fait de « s’éveiller » au sort des minorités et à la nécessité de lutter contre les discriminations. En amplifiant ses débordements notamment ceux de la « cancel culture » pour occulter la légitimé de ses causes, les propagandistes d’extrême droite en ont fait une nouvelle invective pour désigner ses adversaires politiques, qui a remplacé « bobo » dans la bouche de Marine Le Pen. Ils ont ainsi importé chez nous la « culture war » américaine, car cette division sert leurs intérêts – mais pas ceux de notre pays.

C'est désormais un terme mal défini, un fourre-tout employé par un bord politique pour les gens qui ne sont pas de son bord ; un épouvantail de plus que les extrémistes agitent sous notre nez, tout en se préparant à nous faire les poches de nos impôts, et de notre liberté.

Si l’on observe ce qui se passe aux USA, une fois au pouvoir, ces « croisés anti-wokes » montrent vite ce qu’ils ont derrière la tête : rétablir d’anciennes inégalités, écarter une partie de la population des postes de responsabilités même s’ils en ont le mérite. L’inclusion n’est pas juste une valeur morale, c’est aussi le pragmatisme de donner leur chance à tous les talents que compte notre population et pas juste aux hommes à la peau blanche, pour que les responsabilités cruciales de l’État échoient aux plus capables et compétents. La ségrégation nuit aux intérêts de la nation tout entière.