Le grand remplacement
Il est humain de s’inquiéter pour l’avenir de la culture dans laquelle on a grandi, dans une période de changements et de brassage de populations.
Mais l’idée du « grand remplacement » trouve son origine chez des théoriciens de la haine raciale. Elle sert à alimenter la peur de l’étranger et inciter au rejet, voire à la violence.
Cette théorie soutient que la population « de souche » du pays est en train d’être remplacée délibérément par des populations d’origine étrangère, aux cultures et aux hérédités différentes et irréconciliables, avec l’aide de politiciens de gauche (enfin à gauche des promoteurs de cette thèse, ce qui ne veut pas dire grand-chose) ; jusqu’au point où le pays aura entièrement changé d’identité, de culture, de religion.
Votre œil exercé aura facilement reconnu une idée destinée à faire peur ou mettre en colère, à manipuler et diviser : l’invasion d’immigrants, la destruction du monde culturel qui nous est cher, le complot pour détruire la nation…
À cela, on peut répondre qu’une culture change forcément dans le temps ; en particulier en France, où l’apport d’éléments extérieurs a été constant au cours de l’histoire, à commencer par les tribus gauloises, les légions romaines, les tribus franques, et bien d’autres vagues démographiques qui ont ponctué notre histoire. Même la fameuse « identité chrétienne » a commencé comme un apport moyen-oriental à l’Empire Romain, qui jusque-là pratiquait le polythéisme et le culte de l'empereur…
La force de la théorie du Grand Remplacement tient plus à la puissance évocatrice du récit, à sa qualité anxiogène, qu’à un réel fondement socio-culturel. Beaucoup de gens s’y sont déjà attaqués :
https://www.societyplus.fr/content/le-grand-remplacement-histoire-dune-idee-mortifere-112987?gifted=huffingtonpost
Film de 52 minutes du journaliste Thomas Zribi et de l’historien spécialiste de l’extrême droite Nicolas Lebourg.