L’abus du discours sécuritaire

Ceux qui parlent le plus de sécurité sont aussi ceux qui profitent le plus de la peur. Ils amplifient le sentiment d’insécurité et le dirigent vers leurs suspects préférés.

Il est normal de vouloir vivre en sécurité. Mais en poussant ce thème jusqu’à l’obsession, les politiques donnent toujours plus de moyens et de pouvoirs à des forces : police, armée, services d’immigration, sans forcément les rendre plus efficaces. Un jour, un nouveau patron pourrait s’en servir pour museler ses adversaires. Les lois d’exception sont à double tranchant.

En combinant un discours sur l’insécurité avec celui sur l’immigration, des acteurs politiques suggèrent avec insistance que l’étranger est dangereux. Le discours anti-immigrants encourage les comportements de rejet vis à vis de ces populations et de tous ceux qui leur ressemblent. Les plus xénophobes y voient une autorisation implicite de passer à l’acte.