« On ne peut plus rien dire »
Parler, c’est agir, c’est influencer, surtout avec la répétition. La parole publique peut être libre, mais elle demande un usage responsable.
Il y a des choses que l’on mentionne au passage, et d’autres que l’on tient à dire, pour qu’elles soient entendues, adoptées ou même répétées, ou simplement pour obtenir un certain effet. On ne répète pas des opinions juste parce qu’elles sont vraies, mais parce qu’on les trouve importantes ou utiles.
Par exemple, si un ami, ponctuellement, mentionne avec tact un de tes défauts, ça peut arriver et c’est plutôt sain — il sait que tu es capable de l’entendre. Mais si une connaissance souligne systématiquement tes erreurs ou te répète régulièrement tout ce qui ne va pas chez toi, tu te demanderas ce qu’elle te veut, même si c’était vrai. Cherche-t-elle à te marquer son insatisfaction, à te rabaisser, voire à te dénigrer auprès des autres ?
Il y a un équilibre à garder entre la censure et le « tout est permis », mais rappelons-nous que les paroles aussi ont de l’effet. Et les mots des leaders politiques pèsent encore plus lourd ; leurs appels à la haine ont souvent des conséquences dramatiques. Derrière toute action d’influence, il faut se demander quel est l’effet recherché.
Et vis a vis des gens qui se plaignent, quand on leur demande « Et qu'est-ce que tu voudrais dire, que tu disais avant et que tu ne peux plus dire ? Donne-moi un exemple concret, pas une généralité », ils sont souvent bien embêtés…
Au contraire les discours racistes et suprémacistes n’ont jamais été aussi libérés.